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Créer un Spa, qui plus est, un Spa urbain, est une aventure passionnante, mais oh combien complexe, dans un environnement économique et concurrentiel qui évolue sans arrêt, et avec une lisibilité pas toujours évidente, tant le secteur est nouveau et « surchargé » de promesses…
La création d’un Spa urbain ou day-Spa ne peut en aucune manière être comparée à celle d’un Spa hôtelier ; c’est une entreprise à part entière qui doit immédiatement dégager sa propre économie. Le Créateur n’a pas droit à l’erreur.
EMOTION SPA Magazine a décidé d’ouvrir cette rubrique à ces créateurs inspirés qui se sont lancés dans l’aventure. Leur précieux témoignage vous est livré ici afin que les futurs créateurs en retirent l’essence au profit de leur propre projet…
Le Spa SENSOTEK à Montpellier
Un coup de cœur pour cet espace zen, ethnique chic et contemporain.
L’ardoise, le bois wengé et les galets se marient dans des décors subtils, tout en petites notes de décoration légères et intemporelles qui suggèrent des promesses de voyages.
L’Inde, l’Asie, l’Orient sont au rendez-vous au travers de trois espaces de soins aux dimensions généreuses et bien répartis (en solo ou en duo, soins secs ou soins humides, hammam et tisanerie). Mais aussi un solide sens du détail pratique comme ces parquets en céramique ou la conception de la douche affusion.
Pas de doute, a l’âme d’une créatrice inspirée, le talent d’une vraie professionnelle et l’étoffe d’un chef d’entreprise éclairé.
C’est une véritable stratégie d’entrepreneur que Anna met alors en place et elle va mener tout en même temps : elle passe son CAP d’esthétique, se forme aux massages ethniques, potasse les bibliothèques et redécouvre des secrets de beauté oubliés, se passionne pour le Kombucha (une levure qui fermente le thé et le transforme en un véritable élixir de longue vie, recette ancestrale issue de la tradition d’Extrême Orient). Anna travaille avec un laboratoire pour la formulation de ses produits à base de Kombucha, rafle au passage une aide de l’ANVAR qui l’encourage à poursuivre cet effort de recherche et développement, aboutissant à la création d’une gamme originale de 12 produits complémentaires qui s’inscrivent dans la logique d’ensemble de son concept. Enfin, elle prépare ses protocoles inspirés par les rituels venus d’ailleurs qui la fascinent. Sur tous les fronts en même temps, elle affine sa charte de décoration et se met en quête d’un lieu. Pourquoi avoir choisi Montpellier ? «Cette ville m’apparaissait comme très dynamique, elle-même hors normes et capable d’accepter la création d’un projet hors normes » répond Anna. Pourquoi un Spa urbain plutôt qu’une implantation dans un hôtel ? Anna a fait délibérément ce choix pour rester maître de son concept et de son image.
Le lieuA l’ouverture, elle confie aux frères Pourcel (« le Jardin des Sens ») le soin de décliner le buffet d’inauguration autour des thèmes de l’Inde, de l’Asie et du Maghreb, en résonance avec les trois espaces du Spa. « Il ne faut pas faire des économies sur le budget de lancement, c’est un investissement primordial, il faut savoir taper fort tout de suite », conseille Anna.
Mais il ne suffit pas de créer, encore faut-il ensuite tenir la promesse. D’où l’importance du recrutement du personnel, la formation complémentaire à assurer. Selon Anna, les formations actuelles en esthétique ne sont pas suffisantes pour exercer dans un Spa. Il est essentiel aussi de motiver l’Equipe, qu’il s’agisse de réunions de debriefing où chacun a la parole pour exprimer son ressenti et ses idées, ou de primes d’intéressement. Anna a mis en place un système de « challenge mensuel » du meilleur vendeur pour booster la vente des produits. Notons qu’Anna a choisi de recruter une Equipe mixte, avec autant d’hommes que de femmes.
Un an plus tard, quel bilan ?
Anna évoque des ajustements qui se sont avérés nécessaires : une carte de soins trop généreuse qu’il a fallu remanier pour la viabilité financière et des forfaits améliorés pour répondre à la demande des clients, mais aussi des projets de distribution par des canaux hors normes avec, en vue, l’idée de devenir franchisable. Et aussi l’espoir de pouvoir enfin assurer sa propre rémunération, au bout de trois années où elle a dû assurer sur tous les fronts et faire preuve de beaucoup d’énergie et de persévérance. « On n’a pas le droit de se relâcher, il faut rester sans arrêt réactif et pro actif » conclue Anna. Au fait, pourquoi SENSOTEK ? « La marque est atypique, comme se veut atypique le concept et le lieu, mais il me semble évident : tek, c’est la racine grecque qui signifie lieu où l’on conserve les objets précieux, comme bibliothèque. Là, on conserve ces biens précieux que sont les sens, la sensorialité… Et puis il n’est pas interdit d’évoquer les essences de bois précieux, synonymes de voyage… »
FOCUS : Sensotek en chiffres
Ouverture entre 12 h et 19 h du mardi au samedi – 3 cabines et 3 salariés – Une clientèle jeune (entre 25 et 35 ans) – Panier moyen : 80 € - 50 % du CA assuré par les bons cadeaux – 30 % de clientèle masculine.
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